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Nov. 06 16

Composer un tableau (4)

Finaliser l'oeuvre.

La composition d'un tableau, c'est aussi contrôler les forces dynamiques contenues (ah! ah! Lydia doit jubiler) dans les points forts du format de la peinture (on en a déjà parlé), dans l'équilibre des valeurs dans la tonalité des couleurs et d'un autre équilibre, celui des complémentaires.

C'est la circulation du regard sur l'oeuvre qui en sera l'ultime décideur.

On peut vouloir un tableau harmonieux et dans ce cas on place des touches de couleurs qui vont bien ensembles, on n'essaie pas trop les effets spéciaux, on peint en douceur sans faire trop de vagues.

On peut aussi vouloir "heurter" les esprits, interpeller le spectateur et dérouter un tant soit peu la rétine. Dans cet autre cas, la peinture devient révolutionnaire et son artiste se met à oser les effets les plus fous.

Le tableau de Sophie en est un bon exemple :

Auto portrait d'une voiture de course
"24 heures chomo" - huile sur toile de Sophie Leroy.

Tout d'abord, qui aurait osé peindre une voiture de course ? Pas grand monde !

Pourtant, souvenez-vous que la peinture, il n'y a pas encore si longtemps, remplaçait la photographie et montrait à voir les images de son temps.

Le tableau de Sophie colle bien à cette idée. La peinture rituelle a donc un bel avenir.
L'année prochaine, vous verrez, nous aurons certainement droit aux moissonneuses... Chouette Sophie, je vous suis!

Maintenant, revenons à la toile et au défi que s'est fixé (imposé) notre artiste :

Jouer avec les lignes de composition, quitte à les accentuer et les rendre très visibles comme dans un dessin technique.
Là, c'est gagné! Le morcellement du paysage se fondant dans le ciel, le clin d'oeil subtile dans le drapeau à damier, la perspective de la route... Tout cela est un bonheur. (Quand je vous disais qu'elle était douée!).

Et je vous assure que ce n'est pas facile de faire circuler le regard quand tout le "poids" du tableau est en bas!

Autre challenge, ne pas utiliser de noir... Jamais.
Encore gagné Sophie!
Les gris-vert, les gris-bleu et les violets intenses font parfaitement l'affaire et le contraste visuel fonctionne à merveille. On voit du sombre là où il faut du sombre.
Les couleurs agissant toujours entres-elles et "luttant" pour savoir qui sera la plus foncée.

Et pour finir, le choix d'utiliser une gamme (palette) de couleurs différente pour l'arrière plan et le sujet.

Ceci est un point important et bien que Sophie ne s'y ait pas vraiment pris de la bonne manière, le résultat est là.
En effet, elle n'a pas équilibré sa toile en fonction des "clairs et des fonce". Elle a peint "morceau par morceau" et ajusté ses couleurs au fur et à mesure.

Dans la composition d'un tableau, quel qu'il soit, le contraste, c'est à dire la complémentarité des clairs et des sombres et celle des couleurs elles-même, jouent un rôle important car notre oeil va être attiré par eux.

En premier, les lignes comme pour la lecture et en second les clairs qui imprègnent plus vite la rétine du spectateur et pour finir, l'opposition des couleurs primaires à leur complémentaires ( je le mets en dernier car on peut choisir de peindre un camaïeu).

Regardez encore le tableau de Sophie et voyez comment le morcellement du fond pousse la voiture à sortir du tableau. Regardez le contraste entre le décor et la voiture. Regardez l'ambiance Mancelle, juste rendue par un "quadrillage" de couleurs. Regardez la vélocité du bolide et dites bravo car Sophie, dans cette peinture plutôt déco, voir affichiste, s'est coltiné la Peinture de plein front.

 

... RETOUR AU DEBUT DE LA GALERIE...

 

 

 

 


Nov. 06 04

Pour celles et ceux que cela intrigue

"Hot ligne".

Beaucoup de vos commentaires "tournent" autour des ces fameuses lignes.

Mais si c'est votre pinceau qui tourne autour... Rassurez-vous, c'est gagné !

Depuis quelques semaines, je m'efforce de faire comprendre la force et l'utilité de quelques lignes tracées avant de peindre. Mais pas n'importe lesquelles... Celles en rapport avec le format.

Je ne suis pas bien sur que les intéressés ont su en tenir compte. Peut-être que mes explications n'étaient pas suffisamment claires, alors plutôt que de longs discours voilà des petits dessins :

 

 

Schéma issu des commentaires de cette page : http://didier-leveille.zevillage.org/news/99.shtml

Ces lignes sont tracées sur un format A4. Diagonales et médianes, jusque là rien de difficile. Puis à chaque sommet d'angle obtenu, je peux en tracer beaucoup d'autres et ainsi obtenir (sans calculette) d'autres lignes, d'autres points, d'autres surfaces, que mon geste de peintre va utiliser :

Regardez cet exemple :

composition d'un tableau

Esquissé en trois secondes et deux dixième, je suis absolument certain que cette composition "tient la route". Peu importe mon style de peinture car je le répète, la composition c'est 80% de la réussite d'une toile. Après c'est l'affaire du goût des "spectateurs", du talent de "l'artiste" et de l'osmose entre les deux.

Un autre exemple (même schéma de lignes, même format A4, orienté portrait) :

Tracé en encore moins de dixième de seconde que le précédent. Ce bref croquis montre que tous les sujets sont "traitables" de cette manière.
Là aussi, je suis rigoureusement certain que mon tableau sera bien composé (restera quand même "les clairs et les foncés" et puis la belle touche de l'artiste).

Dans cet exemple, veuillez noter toutefois que l'emplacement des mains demande à être corrigé... Et peut-être que moi aussi, mais n'oubliez pas qu'il y a de la pédagogie dans l'air.

Vous noterez aussi que certaines lignes sont inutiles dans ces sujets. Alors, quand ce sera a vous de jouer, cherchez à ne tracer que les lignes qui vous sont essentielles.

Il existe aussi le nombre d'Or qui depuis longtemps et mathématiquement (c'est une élève qui me l'a fait remarquer en me parlant d'un trognion de pomme) a prouvé que les sujets peints l'étaient en fonction de la taille de leur support et d'un équilibre naturel, voir cosmologique, incontournable.
Il suffit d'appliquer le coef : http://trucsmaths.free.fr/nombre_d_or.htm#definition

Aujourd'hui, les temps évoluent... Ils ne font que ça d'ailleurs!
Nous, peintres d'aujourd'hui, nous avons les lignes (Pourtant, il n'est pas uniquement question d'elles. Il y a aussi les points et les surfaces...), mais elles nous permettent une approche qui, bien qu'elle néglige des valeurs ancestrales, semble tout aussi efficace.

Voir le tableau terminé :

 

 


Nov. 06 03

Composer un tableau (3)

Jouer avec les valeurs :

Après une petite période de séchage pendant laquelle, les fonds traités en épaisseur à la peinture blanche ont eu le temps de durcir, Sophie a repris les pinceaux.

Elle ne les avait pourtant pas tout à fait lâchés car elle cherchait la palette de couleurs pour peindre la voiture.
Son parti pris étant d'utiliser dans la formule 1 des couleurs différentes du fond; des tons d'une autre gamme et sans se servir du noir.

Elle a posé un mélange de bleu céruléum et de rouge azo additionné de blanc dans les éclairages :

auto portrait (en cours)

Désolé Sophie! Ce n'était pas tout à fait la bonne manière de s'y prendre. (Ne le prenez pas comme un reproche car c'est tout... Sauf ça.)

Le travail à ce stade est de faire jouer entres elles différentes valeurs de bleus.
Un objet a, d'une manière générale, sa couleur propre (la voiture est bleue). Cette couleur se modifie en tonalité dans l'ombre et dans la lumière.
Pour les ombres, Sophie a choisi de rajouter du rouge, ce qui est très judicieux, et pour les lumières du blanc. Puis elle a commencé à peindre chaque partie de la voiture.

Je pense qu'il serait plus juste de chercher d'abord la valeur de bleu la plus foncée et de ne peindre que les zones d'ombres.
Puis, en diminuant la dose de rouge pour revenir à la tonalité générale de la voiture, peindre le reste de la carrosserie.
Et, à la fin, rajouter des réhauts de blanc, là où la lumière accroche le modelé de la voiture.

Une autre méthode pourrait être de tout peindre en bleu "réel" puis d'ajouter les ombres et les lumières.

Cependant, la première façon sera la plus efficace. C'est celle qui permet le mieux de répartir l'équilibre entre les clairs et les foncés. Elle sert aussi à étalonner progressivement les valeurs. En posant les ombres d'abord, on crée les jalons entre lesquels les valeurs de bleus vont ensuite se décliner.

J'espère être assez clair dans mes explications, sinon vous pouvez en trouver un exemple dans "les tableaux en cours - la peinture d'une poupée ancienne".

Le petit truc pour réussir, c'est d'observer son modèle en plissant un peu les yeux. Ainsi les détails de l'objet s'atténuent et les zones d'ombres et de lumières deviennent plus flagrantes au regard.

Voir la suite du cours :


Oct. 06 24

Composer un tableau (2)

Auto portrait

La toile de Sophie avance bien. Tous les fonds sont rempli et un drapeau à damier est venu contrebalancer judicieusement les "gris" de la route.

Sa position, à la limite du cadre, laisse évoquer le mouvement donné par un directeur de course invisible, ce qui ajoute encore à la trajectoire véloce de la voiture car on ne peut pas plus judicieusement "jouer" avec les lignes :


auto portrait (en cours)

Les tons gris ne contiennent, contrairement à ce que l'on pourrait penser, aucune adjonction de peinture noire. Ils ont été obtenus avec le savant mélange de "vert de terre" et les résidus de fusain présents dans le dessin.

Sophie a également modelé la voiture avec des épaisseurs de blancs et à l'aide d'une fourchette ( non mais des fois ! ), elle a sculpté les rainures des pneumatiques...

Et comme l'a fait remarqué, à bon escient, Xavier, son mari :
"Qu'elle sacré bon coup de fourchette elle a ! "

La prochaine séance va constituer à la recherche de la palette de couleurs pour la Formule 1.
Tout en respectant les couleurs de la marque championne du monde des constructeurs, Sophie va chercher un équilibre chromatique s'harmonisant avec les couleurs du paysage.

La suite me servira a démonter un autre aspect important de la composition d'un tableau : Les tons et les valeurs.

Voir la séquence suivante :


Oct. 06 20

Composer un tableau

Auto portrait

Mon élève Sophie vient d'entamer une peinture à l'huile dont le sujet, bien qu'inattendu, illustre parfaitement les bienfaits des lignes de composition.

A la place de la moissonneuse batteuse rituelle, Sophie va peindre une Formule 1 de marque française :

Auto portrait (en cours)

La photo montre bien les lignes sur lesquelles s'appuie la mise en page du sujet.
La voiture reléguée tout en bas de la composition semble prolonger sa course au delà du tableau.
Son inclinaison et le bout hors cadre de la roue ajoutant encore plus de dynamisme à cet effet.

De plus, ce cadrage laisse le champ libre au paysage qui, même s'il est traité de "manière abstraite" propose à notre oeil, profondeur et rythmes.

Tous les éléments qui composeront le tableau achevé ont été dessiner à des endroits bien précis "mesurés" en fonction du format de la toile.
C'est la fonction principale de ces fameuses lignes.

Le principe en est simple. Tracer les deux diagonales, les deux médianes et les relier entres-elles. De nouvelles lignes obliques, naîtront et pourront, à leur tour, être reliées aux autres.

Là où les lignes se croisent, elles désignent un point repéré et en parfait rapport avec les proportions de la surface.
C'est en ces points qu'il faut placer les éléments clés du sujet. Ceux vers lesquels on veut attirer le regard par exemple.

Les points peuvent, eux aussi, être reliés entre eux. Ils donneront des lignes pouvant être obliques, horizontales ou verticales.
Très utile pour placer un arbre ou une ligne d'horizon à l'endroit idéal pour l'oeil.

grenouille

" La suite cet exposé passionnant quand le tableau aura un peu avancé (il faut savoir que Sophie peint à la même vitesse qu'Alonso pilote sa voiture) "

Voir la suite :




 

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