La composition d'un tableau, c'est aussi contrôler les forces dynamiques contenues (ah! ah! Lydia doit jubiler) dans les points forts du format de la peinture (on en a déjà parlé), dans l'équilibre des valeurs dans la tonalité des couleurs et d'un autre équilibre, celui des complémentaires.
C'est la circulation du regard sur l'oeuvre qui en sera l'ultime décideur.
On peut vouloir un tableau harmonieux et dans ce cas on place des touches de couleurs qui vont bien ensembles, on n'essaie pas trop les effets spéciaux, on peint en douceur sans faire trop de vagues.
On peut aussi vouloir "heurter" les esprits, interpeller le spectateur et dérouter un tant soit peu la rétine. Dans cet autre cas, la peinture devient révolutionnaire et son artiste se met à oser les effets les plus fous.
Le tableau de Sophie en est un bon exemple :

"24 heures chomo" - huile sur toile de Sophie Leroy.
Tout d'abord, qui aurait osé peindre une voiture de course ? Pas grand monde !
Pourtant, souvenez-vous que la peinture, il n'y a pas encore si longtemps, remplaçait la photographie et montrait à voir les images de son temps.
Le tableau de Sophie colle bien à cette idée. La peinture rituelle a donc un bel avenir.
L'année prochaine, vous verrez, nous aurons certainement droit aux moissonneuses... Chouette Sophie, je vous suis!
Maintenant, revenons à la toile et au défi que s'est fixé (imposé) notre artiste :
Jouer avec les lignes de composition, quitte à les accentuer et les rendre très visibles comme dans un dessin technique.
Là, c'est gagné! Le morcellement du paysage se fondant dans le ciel, le clin d'oeil subtile dans le drapeau à damier, la perspective de la route... Tout cela est un bonheur. (Quand je vous disais qu'elle était douée!).
Et je vous assure que ce n'est pas facile de faire circuler le regard quand tout le "poids" du tableau est en bas!
Autre challenge, ne pas utiliser de noir... Jamais.
Encore gagné Sophie!
Les gris-vert, les gris-bleu et les violets intenses font parfaitement l'affaire et le contraste visuel fonctionne à merveille. On voit du sombre là où il faut du sombre.
Les couleurs agissant toujours entres-elles et "luttant" pour savoir qui sera la plus foncée.
Et pour finir, le choix d'utiliser une gamme (palette) de couleurs différente pour l'arrière plan et le sujet.
Ceci est un point important et bien que Sophie ne s'y ait pas vraiment pris de la bonne manière, le résultat est là.
En effet, elle n'a pas équilibré sa toile en fonction des "clairs et des fonce". Elle a peint "morceau par morceau" et ajusté ses couleurs au fur et à mesure.
Dans la composition d'un tableau, quel qu'il soit, le contraste, c'est à dire la complémentarité des clairs et des sombres et celle des couleurs elles-même, jouent un rôle important car notre oeil va être attiré par eux.
En premier, les lignes comme pour la lecture et en second les clairs qui imprègnent plus vite la rétine du spectateur et pour finir, l'opposition des couleurs primaires à leur complémentaires ( je le mets en dernier car on peut choisir de peindre un camaïeu).
Regardez encore le tableau de Sophie et voyez comment le morcellement du fond pousse la voiture à sortir du tableau. Regardez le contraste entre le décor et la voiture. Regardez l'ambiance Mancelle, juste rendue par un "quadrillage" de couleurs. Regardez la vélocité du bolide et dites bravo car Sophie, dans cette peinture plutôt déco, voir affichiste, s'est coltiné la Peinture de plein front.
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