Concevoir un tableau


Comment fut(rent) élaboré(s) un (deux) tableau(x).


Il aura suffit, Sophie, de votre fille Marie comme première assistante, d'une séance de photos, de plusieurs marches arrières avec la voiture pour que l'idée d'un tableau s'annonce.

 

 Pas précise et vague d'abord.

 

 

Puis vaguement précise.




Et finalement complètement vague. 

 

 

Trois vagues pour être précis.

Une sorte de ressac qui diviserait l'espace en trois parties, comme mourantes sur la plage mais bientôt vivantes sur la toile. Un univers ou la terre rejoindrait inlassablement le ciel. Une marée de nuages, des océans de feuillages.

Et c'est parti!

Ce sera la Cathédrale de Sées. Terrienne parmi ses arbres et aérienne de par ses flèches. Un vaisseau pour l'espace. Une machine à remonter le temps.

 

Capturée sur la route de Gaprée, le dos tourné à trois arbres, la cathédrale se dessine de plus en plus précise à l'horizon.
La mise en page du tableau se fera pourtant à contre sens.

En bas la terre labourée, lourde des pluies d'hiver mais prête à engendrer.*
Au milieu, un joli paysage de campagne brumeux, bleuté, grisé.
Tout en haut, tout en légèreté, c'est le panorama du ciel et d'une forêt en arrière plan qui crée définitivement le Charme.

Trois bandes horizontales en vérité, mais de plus en plus évanescentes, de plus en plus de ciel, de moins en moins de terre.



L'élève s'élève. Un voyage spatio-tempoporel à bord d'une nef dont nous allons peindre prochainement l'intérieur.

Enfin bref, Le sujet est trouvé : Jouer avec 3 vues de la Cathédrale de Sées superposées les unes aux autres, agencées comme un travelling arrière ( j'ai un doute car cela dépend du sens dans lequel on scrute le tableau. Ce pourrait être un zoom, mais ça n'a pas d'importance car le tableau fonctionne dans les deux sens ).

L'idée se précise. Les cieux de chaque vue rejoindront les terres de chaque vue. Il faudra travailler leurs jonctions et alors, l'idée des vagues mourantes refait surface.

Les flèches de la Cathédrale du bas guideront les yeux, comme elles guident les âmes, vers le haut du tableau.
Là, il faut cogiter la mise en page, sortir sa règle, sa calculette pour certaine, et réfléchir à l'agencement et l'harmonie de la composition.

 

Quelques lignes et nous y voilà. La toile n'est plus blanche. Sur elle s'esquisse lentement, tranquillement, une matérialisation de ce qui au départ n'était qu'une vague vision. La structuration nécessaire à l'enfantement d'une oeuvre d'art.

 

 

 

Suivra le dessin, à peine esquissé car nous voulons laisser toute la place à la peinture.

Peindre à larges touches, sublimer les détails à l'aide de quelques taches de couleurs. Un esprit plutôt impressionniste voyez-vous.

Ne pas se perdre dans le fignolage, rendre au mieux l'espace et la lumière ( ce qui est difficile quand on n'a pas le modèle sous les yeux ), ne pas trahir l'idée de départ et peindre bon sang de bon sang et aimer le faire.

 

Oser, peindre, oser peindre.

 
Maintenant, le choix de la palette. Crucial.

C'est la que se joue le véritable challenge. L'idée de mettre du vert dans le ciel, ou de ne travailler qu'avec les trois couleurs primaires. Il faut trancher dès le début. Si vous mettez du vert dans le ciel, vous pourrez faire entrer des rosés, des rougeâtres et marier avec eux, dans la terre, tous les verts complémentaires.

Pour les lointains, il n'y a pas le choix, des bleutés s'imposent et les photos le prouvent. Vous pourrez ajouter des jaunes sur votre palette de ce simple fait.

 

 


Bleus, jaunes, rouges, verts. Mélangez-les et vous verrez!


Mettez quand même sur un bord du blanc, du noir, de l'ocre et du brun... ça peut toujours servir!

 
Bon, assez rigolé, prenons les pinceaux. Choisissons un médium et passons aux choses sérieuses. Laissons-nous posséder par la Peinture. Mais décontract...pas de sclérose..., de névrose..., d'overdose..., juste une "pose" dans le temps.

Tout le monde est prêt? Tout le monde est vas-y, on peut y aller ?
« Par où on commence, M'ssieu? »
« Alors toi, le petit marrant là, avec tes questions tordues, je t'ai a l'oeil, méfies-toi ! »

Nous commencerons par le haut pour éviter de traîner lamentablement les manches de son pull dans la peinture éventuellement fraîche. Mais en commençant par là on définira en même temps les tons les plus clairs du tableau. Ç’est déjà ça, non?

L'idéal serait de peindre aussitôt le bas pour jalonner les tons les plus forts. Mais si c'est plus commode, peignez comme vous écrivez: De haut en bas et de gauche à droite.

C'est ce qui s'est passé dans notre cas.

 

 


Une fois posés les ton les plus clairs, il suffit, Sophie, de les faire monter progressivement jusqu'aux tons les plus intenses.


Simple!

 

Reste, la touche, l'ambiance, l'harmonie et la complémentarité des teintes ( on reparlera de ça une autre fois dans un autre article ), mais surtout votre petit démon intérieur qui vous suggère de mettre du rouge ici et un beau jaune là.

Surtout écoutez-le ! Il n'y a pas de meilleur conseiller.

Merci de votre attention.

Observez bien les photos des tableaux, vous ne pourrez pas distinguer le maître et l'élève. Zoomer sur les touches de Sophie, c'est géant.

Longue vie à la peinture, longue vie aux peintres, donc longue vie à vous.


 


"Les vaisseaux" (2 huiles sur toile 65x50).




Intérieur cathédrale


Avec leur autorisation, je vous présente le travail réalisé en cours par deux de mes élèves  ( devenus bons amis ).

Ces excellentes peintures réalisées en deux jours nous ont été inspirées par l'intérieur de la cathédrale de Sées. Le sujet du cours étant d'en rendre l'ambiance, l'architecture et surtout la lumière. L'impératif était d'y faire figurer une chaise pour l'humour.

Nous avons volontairement laissé de côté toutes notions de perspective pour laisser toute la place à notre imaginaire.

Il est intéressant de remarquer les différentes interprétations d'un même sujet ...

Celle de Sophie :

cathédrale Sophie


Celle de François
:

cathédrale François


Et la mienne pour les accompagner et les guider
:

dark vador


Pour mener à bien ces tableaux, nous avons d'abord tracé des lignes de construction pour équilibrer la mise ne page, puis nous avons esquissé le dessin sur la toile.

mug

Nous avons ensuite placé les zones d'ombre et de lumière sur toute la toile à l'aide d'un "jus monochrome" très dilué.

esquisse François

La peinture a été posée à l'aide de brosses dures, avec de larges touches. Le but étant d'essayer d'aller à l'essentiel, rendre ambiance, matières et lumières sans se perdre dans les détails.

François et son Maître


Bravo Sophie et François pour votre talent !


 

 


artistes peintres en herbes


Il aura quand même fallu attendre début juin pour aérer nos chevalets et avec eux nos esprits hivernassés.

Première expérience de peinture en plein air pour mon élève et très chère amie Sophie :

peintres en herbe

Grisant et luxueux.
Moments intenses façonnés de bonheur et d'émerveillements pour ce que la nature nous donne à voir.

Moments de trac aussi devant la complexité du sujet.

La multitude de détails, le nombre hallucinant de nuances de verts, la lumière toujours changeante qui déplace les ombres et change les couleurs, comme pour nous prendre en défit.
Nous, les artistes peintres en herbes... et en pivoines.

C'est ce qui a attiré notre oeil. Un coin charmant du jardin, une plate bande foisonnante d'où émergaient l'éclat coloré des pivoines, les plumeaux légers du fenouil, et beaucoup d'autres détails que l'on ne voit pas sur la photo.

pivoines

Je disais que la lumière était changeante.
Vu le ciel un peu nuageux, il faut donc fixer un instant. Le graver dans sa mémoire et laisser notre impression faire la peinture ( froncer un peu les yeux pour mieux voir les contrastes sera mon bon conseil d'aujourd'hui ). C'est de là qu'est né le courant impressionniste.
On n'est pas dans l'atelier, mais face à une nature vivante ( et non pas morte ) capricieuse comme on le sait
Une jolie femme, en sorte.

Ce genre de peinture doit se faire dans " l'instant " et croyez-moi, c'est pas facile.

Mais le plaisir de peindre prend vite le dessus. Il nous impose une certaine désinvolture. Et nous amène à beaucoup de compromis entre peindre la réalité visuelle et se laisser prendre par l'émotion du sujet.
Cela vous étonnera peut-être de savoir que nous n'avons pas, sans cesse, les yeux braqués vers notre sujet. La peinture prend le pas et notre feeling, notre swing, s'harmonise à elle.

Bon, et puis il y a la conversation, le chant des oiseaux, les " verts de rosée ( lunaire de préférence ) ", la vie de la famille et le chien qui court partout.
Plein d'ingrédients qui font que l'alchimie opère.

Il est marrant le prof! C'est pas facile!
( notez comment la plate bande est passée dans l'ombre ).

En y pensant, j'aurai beaucoup aimé, je crois, vivre parmi les impressionnistes. Car cette façon de faire la peinture est pour moi, celle qui rapproche le plus la nature humaine et de son environnement.

(A voir absolument à ce propos l'excellent film de Jean Becker : Dialogue avec mon jardinier).

La preuve, voilà ce qu'elle nous défi de peindre : Des marguerites en contre jour.

marguerites

Enfin bref, voilà le résultat. Deux petits tableaux ( encore inachevés ) cherchant à "immortaliser" un instant de bonheur :

pivoines 1 pivoines 2
"Nature vivante aux pivoines" (huiles sur cartons toilés 35x24).

Tiens, on pourrait rejouer au jeu de la devinette!
Lequel est peint par le prof et lequel est peint par l'élève?
Soyez perspicaces! Il y a des indices dans l'article.

Mettez vos réponses, à ce jeu-concours où on gagne que dalles, dans vos commentaires, mais également vos questions techniques.



 


Vivre à la campagne


Ce qui est vraiment bien quand on vit à la campagne, c'est que tout ce qui nous entoure EST source d'inspiration.

Alors voilà les grenouilles sous les feux des projecteurs... Non, sous les feux de nos pinceaux. Les iris ne sont pas encore fleuris, mais c'est tant mieux car...

did mare

... le sujet du prochain cours est de travailler les verts. Couleur complexe, surtout dans une mare, mais sympathique tant elle oscille entre le chaud et le froid. Plus de jaune, plus de bleu et quand c'est très profond, tout au fond de la mare... pourquoi pas violet carrément?

Alors? Peinture de la mare ou marre de la peinture?

J'opte sans hésiter pour la première solution.

 

 


 

Grenouillades :

 

Mon élève et moi avons entrepris une nouvelle toile qui d'emblée appelle à une vertu artistique : La Patience.

Le thème : Les grenouilles. La technique : Glacis sur empâtements.

Animal ô combien sympathique, la grenouille est à la fois magique et furtive. Elle ne restera pas à poser pendant des heures ( encore que certaines acceptent qu'on leur touche le bout du nez) alors on prend des photos.

L'ensemble est dominé par les verts. Les feuilles des iris, les nénuphars, l'eau profonde et bien entendu les grenouilles.

Comment s'en sortir?

Il suffit de regarder en fonçant un peu des yeux.
Les détails alors disparaissent et il ne reste que les valeurs. Les verts clairs, les verts foncés, ceux qui sont jaunes, ceux qui sont blancs et puis d'autres couleurs autour qui font chanter le tout, des bleus, des rouges.

La mare elle même ne sera pas facile, mais mon élève et moi sommes près pour l'exercice :

Profondeur, transparence, si c'est pas encore gagné, il restera toujours le plaisir de peindre.

Voilà où nous en sommes :

les grenouilles de sophie 1
Toile de Sophie.

Après composition du tableau, nous avons couvert la toile avec un couteau à peindre d'un empâtement jaune azo additionné de blanc .

Voyez comme le relief pose ombres et lumières naturellement et elles resteront présentes dans la peinture finale. Génial !

Après séchage et c'est fichtrement long car nous n'avons pas mis de siccatif nous peindrons des glacis verts, des glacis bleus, des glacis pourpres, des glacis violets, ça devrait être sympa.

Moi, pour ma part et pour l'expérience, j'ai laissé la toile blanche par endroits :

grenouilles de didier 1
Toile de Didier.

Quels effets feront les glacis sur la toile brute ? Vous le saurez avec la suite des tableaux (qui pour l'instant ne sont toujours pas secs).

Quel est le comble de la grenouille?
Elle ne sèche jamais aux exams!

 


 

Ça y est ! Les épaisseurs ont séchées. La chaude météo actuelle y est pour quelque chose, je pense.

Nous entamons, donc, la mise en couleur de nos grenouilles.
Sur ces fonds jaunes au reliefs accentués, nous allons tout d'abord peindre des glacis bleus qui par transparence donneront des verts qui serviront de base à la peinture finale.
C'est le principe de l'aquarelle, mais à l'huile...

Ah non! Sur cette photo on dirait plutôt de la peinture "allô"! :

allo sophie
(Est-ce bien raisonnable de téléphoner en peignant?).

D'autres couleurs s'ajouteront à la palette par la suite.

Toutefois, nous avons été très surpris par les effets "involontaires" de cette façon de peindre :

Les glacis qui s'accumulent et foncent en accrochant les reliefs du fond, mais ça on s'en doutait.

Plus inattendu, les couleurs qui mêlées entres-elles par transparence se sont "automatiquement" harmonisées.

C'est carrément scotchant, les effets spectaculaires de la peinture repoussée sur les bords par la brosse et créant des tons tout à fait inédits que l'on ne s'attendait pas à obtenir.

C'était un travail un peu "au hasard", mais très distrayant laissant ,la part toute belle, à la peinture.

Voyez le résultat :

grenouilles sophie 2

Cliquez et agrandissez l'image, zoomez sur ces Incroyables fondus, ces coulures, cette harmonie des tons.

Le coté "liquide" de la mare se ressent déjà. La lumière du soleil et le flou de l'eau ont d'ores et déjà trouvé leurs places.

Sur cette base, la peinture va maintenant pouvoir s'affiner.
Bravo Sophie et...

Vivement le prochain cours!!!!

De mon côté, j'accompagne toujours les élèves dans leur passionnante expérimentation.
Alors, moi aussi, je me suis laissé aller à l'improvisation :

genouille didier 2

Même thème, mais deux façons radicalement différentes de voir les choses. L'élève, ainsi reste maître de son sujet.

Mais il restera toujours cette complémentarité dont s'enrichira éternellement la peinture... et l'amitié.

18 heures, fin de la séance.
La peinture vit. Son histoire ne fait que commencer.

 


 

Mon élève a terminé son tableau et comme toujours, d'une très belle manière.

grenouilles sophie finies
"Grenouilles" par Sophie Leroy (huile sur toile 40x40).

La photo n'arrive malheureusement pas à rendre le relief incroyable de ses grenouilles, ni l'harmonie subtile de ses couleurs.
Mais vous pouvez me croire sur paroles, c'est plus que réussi, c'est époustouflant.
Le prof est scotché et surtout très fier ( d'être scotché ).

L'auteur a souhaité donner à ses grenouilles un aspect un peu inquiétant, carnassier, qui rappelle qu'elles sont cousines des serpents, même venimeux, des crocodiles et aussi de quelques dinosaures.

Mais elle a surtout expérimenté et exploité de merveilleux effets picturaux.

Quant à moi, comme d'habitude, j'ai des longueurs de retard. Mon tableau n'est toujours pas fini :

grenouilles didier 2

Il le sera prochainement et alors je mettrais à jour cet article.


18 février 2008.

Ma grenouille qui était restée en standby, la pauvre, a été signée aujourd'hui !

Il ne lui manquait que quelques coups de pinceaux... qui se sont fait sacrément attendre.
Mais bon, il faut croire que les tableaux ont leur vie propre, et celui-ci n'était pas encore décidé à se voir suspendu à un mur.


grenouille à l'affut
"La grenouille" - huile sur toile 40 x 40.



Graminées


Aujourd'hui, je signe cette petite toile commencée, lors d'un cours de peinture, il y à quelques semaines.

graminéesLe sujet, toujours en accord avec l'environnement et ses évènements, nous a permis de travailler la profondeur dans un paysage et l'opposition entre horizontales et verticales.

La difficulté :Rendre l'embrouillamini des graminées au second plan.

Nous y sommes parvenu grâce à une technique toute simple :

Poser un "lit" de peinture dans les tons observés, puis le gratter, plus ou moins verticalement, avec le manche du pinceau. ( visible en zoomant l'image )
Il est recommandé de joindre quelques teintes foncées ( brun, vert) pour que la peinture s'ombre d'elle même quand on en raye la couche.


(Si l'explication n'est pas claire, posez vos questions ).



Et puis il y a surtout l'histoire.

Cette magnifique étendue, de coquelicots, de bleuets et de je ne sais combien d'autres espèces encore, a été semée par la main d'un homme ( Xavier de son prénom ), une sorte d'anti-Attila voyez-vous.

Alors, quand on voit ça, on s'y promène, un " vert de rosée " à la main et on se demande comment l'homme ( et donc le peintre ) peut rendre les émotions que prodiguent la nature, constantes.

Si çà ce n'est pas de la joie de vivre !!!

La suite de l'histoire, c'est que pendant que nous peignons ( mais pas la girafe ), un autre homme est passé au travers des graminées avec une tondeuse à gazon !!!!!!

L'homme ne serait-il vraiment qu'un loup pour lui même ?
... Méditation....

Et voilà le tableau réalisé par Sophie (mon alter-ego) :


Les graminées de Sophie
 

 

 


Peindre un orage !


Aujourd'hui la communauté de la peinture rituelle(tm) a passé le temps la tête... Dans les nuages
( Et oui, elle a vraiment fait çà ). ( Et c'est pas la première fois ).

Actualité météorologique obligeante, les artistes peintres ne peuvent pas rester insensibles aux ciels majestueux que la nature propose quand elle est orageuse.

Visions merveilleuses où lumières et couleurs se superposent, d'une densité électrique telle, que peu de peintres ont voulu oser la représenter sur leurs toiles.

C'est vrai que, même équipé d'un ciré conçu par la NASA, ce n'est pas évident de peindre l'orage.

Alors faute de pouvoir installer son chevalet sous la pluie battante, il ne reste qu'à admirer le spectacle.
Frissonner pourquoi pas au grondement du tonnerre, s'éblouir de la blancheur instantanée des éclairs et, pour ceux et celles que çà chante, sortir nu(e) pour une douche rafraîchissante.

Mais surtout mettre en route son appareil-photo-mental, activer ses capteurs visuels et mémoriser l'intensité de l'instant.

Le lendemain, pendant que les journaux énuméreront la liste des préjudices ( vis à vis de la nature, c'est quand même gonflé ) les artistes s'empareront de leurs outils avec le but de retranscrire, d'imagination, la forte émotion qu'aura provoqué l'orage en nous.

Chacun a le droit total de peindre ce qu'il voudra.

Alors, visiteurs internautes, lancez-vous !
Peignez l'orage et ce que vous en avez ressenti.

Tout est permis, nous sommes des peintres, pas des examinateurs du bac.
Envoyez-moi vos images par mail et je publierai un album qui s'appellera " L'Orage vu par les peintres " ( ou un truc du même genre, j'attends aussi vos suggestions ).

De mon côté, voilà ce que ça m'a inspiré. Un petit croquis au crayon qui deviendra une toile 10 P... Si tout va bien.

croquis

Pas de quoi fouetter qui que ce soit, mais le challenge, excusez-moi, vaut vraiment la peine pour tous les artistes de vouloir s'y atteler.

Je ne parle pas de mon travail, mais du vôtre.

Allez-y, peignez l'Orage, sans désespoir.

 


 

(Humour) :

Je viens de recevoir un premier mail, envoyé par Monsieur Fragonard.

Il a peint un orage vraiment très réaliste et, en plus, il s'est cassé la nénette en rajoutant des gens, des rochers et une charrette embourbée.

l'orage

Bravo Monsieur, votre travail est très prometteur.

( à suivre... )

 


 

Prévu dans un bulletin météo déjà vieux de quelques mois, le voilà enfin " Le Gros N'Orage " de Sophie.

Fidèle à ceux, bien réels, qui lui ont servi de modèles cet été, celui-là encore plus terrifiant, plus monstrueux arrive cependant, sans avoir à me forcer, à m'être très très sympathique :

Orage
" Le Gros N'Orage" - huile sur toile 33 x 55.

Il ne me reste plus, après qu'être admiratif, qu'à le rajouter dans la page de Sophie avec quelques explications.

 


 

Un peu tardivement, je m'en excuse, je publie le magnifique pastel de Xavier :

Pastel d'orage

Pour le moment, troisième ex-aequo avec Sophie... Et Fragonard.

Il a su peindre un aspect de l'orage, un gros plan. Le spectateur arrive, sans effort, à ressentir, grâce à la force de la vague, grâce à l'inclinaison de la barque, le climat orageux. Les tons un peu ternis nous laissent deviner l'obscurité du ciel et les degrés centigrades du thermomètre.

Bravo Xavier !

 "Je précise que ce jeu con... cours, ne connaîtra que des ex-aequo ".



Peinture au couteau


Hier, séance de cours un peu particulière avec un élève.
Le sujet étant de l'initier au maniement du couteau et de la spatule.

Ce cours était particulier aussi pour d'autres raisons diverses:

Tout d'abord nous étions le 07/07/07 date sacrée s'il doit en y avoir une et puis c'était le jour de l'anniversaire de mon élève François.

Bon anniversaire et bonne peinture mon cher François !

Pour couronner le tout, nous avons inaugurer son tout nouvel atelier construit dans la sous-pente d'une grange :


L'atelier de François

Bel espace, belle lumière, bon climat.
Tous les ingrédients pour une séance de peinture très amicale.

Comme à mon habitude, je peins en même temps que les élèves. Ça nous rapprochent et mon tableau sert d'exemple, de modèle pour illustrer mes grandes théories.

La dernière particularité de ce cours était de n'utiliser que les trois tubes de couleurs que possédait François ce jour là ( j'ai baladé mon attirail pour rien ), du bleu céruléum, du jaune de cadmium foncé et du blanc.

Et nous voilà partis à "tartiner" nos toiles d'une épaisse couche de peinture dans laquelle couteaux et spatules ont laissé leurs empreintes :



Peinture au couteau

Vachement bien tes vaches François !
Tu dois avoir un bon prof... Ça se sent !


Les vaches de François

Et surtout... beaucoup de talent ! Ça se voit !

Quant à moi, pour essayer de conjurer le printemps et l'été pourri que nous avons dans la région, j'ai peint ceci :


Ballots de pailles en été

 

Et celui là, rapidement en moins d'une heure :


Le vieux Vendeuvre de François




 


Les ombres, les lumières

Cours, mais pas du soir... du jour !

Hier, alors que le soleil avait refait son apparition dans le ciel bas-normand, j'ai donné un cours particulier à un de mes élèves : Le talentueux François.
La veille, il m'avait invité à souper pour que nous discutions du sujet du prochain cours. C'était aussi une invitation amicale et bien sur, comme toujours quand nous nous retrouvons, nous avons parlé peinture... entre autre.

Après le repas, le soleil couchant qui entrait par la fenêtre et venu éclairer singulièrement une statuette africaine en bois d'ébène que François a ramenée de Madagascar.


Statuette africaine

Les ombres étaient particulièrement marquées et la lumière orangée du crépuscule faisait reluire la statue d'une belle couleur ambrée là où elle était éclairée.
Le sujet du cours était tout trouvé. Peindre l'ombre et la lumière.

Mais pendant que nous discutions de ce qu'il y avait d'intéressant à observer et à traiter avec la peinture, le soleil, lui continuait sa course vers d'autres cieux.
L'éclairage de la statue changeait en même temps et nous proposait chaque fois un tableau différent.

Alors comment allions nous faire demain devant nos chevalets, pour fixer définitivement les ombres et les lumières?

Ah bin oui! Entre le début du tableau et la fin, la lumière aura changée constamment. Il faut donc bien préparer son sujet, sa composition et consacrer un bon moment d'étude à cette phase. Mettre en place le sujet et surtout l'atelier car tout va aller très vite.

Nous avons choisis un emplacement ombragé par les feuilles d'un frêne pour nos chevalets. François à placé sa statuette en plein soleil pour avoir les ombres les plus marquées possible et celles qui valorisaient le mieux l'objet.
On l'a fait pivoter quatre ou cinq fois puis François l'a dessiné de façon linéaire.
Ensuite et c'est le plus important ! Avec un terre d'ombre brûlée très dilué il a posé les ombres de l'instant "T" (ou plutot "i") qu'il allait peindre...
Il faut faire vite et cligner un peu des yeux pour bien cerner les contrastes.
On peint d'abord les plus obscures, puis on dilue progressivement pour placer quelques tons intermédiaires et avec du blanc on défini les lumières les plus crues !


Les ombres en peinture
Voyez François à l'oeuvre !

Ah! Mon cher François ! Quel bon élève tu es ! Rien qu'en posant ce jus de peinture, ton tableaux et déjà présent ! Bravo!
Reste plus qu'à le peindre car dans quelques minutes l'éclairage aura changé ! Et tu n'auras plus ton modèle !

Cette première phase doit être rapide et elle a deux rôles importants. En plaçant les plus foncés et les plus clairs on créé une sorte de jalonnage. Tous les autres tons seront entre ces deux extrêmes.


Comment peindre les ombres



Cours de peinture
Vous noterez que le moindre petit nuage suffit à faire fuir l'éclairage brut.

statuette africaine

Encore bravo François! Voilà encore un bon tableau pour ta prochaine expo.
Bon, il n'est pas encore fini... Mais il est facile d'imaginer qu'une fois achevé, il sera très beau !

Mais je sens, chers internautes, qu'une question vous dévore les lèvres : "Et toi Didier LEVEILLE, qu'a tu peins pendant ce temps?"

Et bien voilà. Quand nous nous sommes installés sous le frêne dans le jardin de François, mon esprit ne pensait QUE ombres et lumières. Une toute petite part de mon cerveau restait disponible pour l'installation de l'atelier et 0,0001% était utilisés à ma sexualité! Le reste de mes neurones eux s'activaient autour de cette seule et même question : Comment peindre l'ombre et la lumière?
Tous les peintres se l'a posent !!!

Mais en m'installant, voilà ce que j'ai vu :


ombres et lumières

Les ombres étaient venues d'elles-mêmes composer un tableau... Les ombres et la lumière bien sur.
Alors, j'ai déplacé ma toile (100x81) sous le feuillage du frêne pendant que François installait son atelier.

Plusieurs configurations m'ont semblées intéressantes (ça changeait tout le temps) :

lumières sur les toiles

Mes neurones, à partir de là ont batifolés comme des petits fous !

Comment peindre l'ombre et la lumière... Et bien tout simplement en se laissant guider par elles :

feuillages (en cours)



Feuillage
"l'ombrage d'un feuillage" huile sur toile 100 x 80.
François et moi sommes impatients d'avoir vos impression... istes !

Plus curieux encore !!! : Cette petite vidéo...






Dégradés

sujet de cours

Pas facile de peindre un dégradé... du moins c'est ce qu'ont dû penser les élèves du cours, samedi dernier.... C'est pas trop mal réussi pourtant pour un premier essai :


cours de peinture

Avec un peu d'expérience, je suis persuadé que ça deviendra plus aisé...

peindre des dégradés


Moi je trouve qu'elles s'en sortent pas si mal et je les félicite pour toute la volonté qu'elles y ont mise.

Surtout que le dégradé est fractionné par le dessin sous-jacent.


peindre des dégradés

En fait, le plus difficile... c'est de peindre les fleurs qui viennent dessus.
Je l'ai bien ressenti dans la concentration extrême des élèves à ce moment.
(pour elles) : " Et bien oui, avec les fleurs on "brûle" les étapes... Les dégradés deviennent très subtils, mais gardez confiance et souvenez-vous de l'intensité que vous a procurée la peinture à ce moment.
Pas rigolo, soit, mais vous allez vous rendre compte de la subtilité de chaque coup de pinceau... vous avancez à grands pas".


cours de peinture

Ces toiles seront à coup sur des  petits chefs-d'oeuvre (en attendant les prochains) en tous cas, bravo pour votre persévérance... et votre amour de la peinture.!


Dommage qu'il n'y ait pas plus de chevalets...


4 chevalets


Mais bon... Il suffit de s'inscrire aux cours de Moulins-la-Marche...



Premières réalisations d'une élève :


 





Très jeunes élèves


Voici quelques tableaux réalisés par de jeunes enfants et qui valent la peine qu'on y attarde un peu le regard.
Ce sont des peintures à l'huile et c'est la première fois que nos jeunes artistes en utilisent.

Leur travail est le résultat de petites leçons basées sur l'observation.
En effet, un enfant va peindre le ciel en disposant en haut de sa feuille des nuages bleus, en bas il va placer son sujet (une maison, un bonhomme, un arbre...) et entre les deux la page restera blanche.

Il est facile après cela, en regardant des photos ou bien en observant le paysage à l'extérieur, de leur montrer que c'est exactement le contraire : C'est le ciel qui est bleu et les nuages qui sont blancs.
Le ciel vient jusqu'en bas et "touche" l'horizon, les bonshommes, arbres et maisons sont posés sur le sol.

Même s'ils ne comprennent pas forcément toutes ces notions, les jeunes peintres peuvent constater de leurs propres yeux ces évidences.
C'est ainsi qu'ils ont pu peindre ces tableaux d'une manière plus réaliste.

Le reste, c'est de la technique et un peu d'organisation...

Bravo à eux et merci de m'avoir fait partager, une fois encore, ces sympathiques moments.


 

 
    

 
   

 
   

 
  

 
 




Cours de peinture à Moulins-La-Marche

Les premiers pas...

Voici les toutes premières réalisations des élèves.

Très motivées (et oui, il n'y a que des femmes), elles commencent à utiliser les premières bases et techniques. Les premiers progrès se font déjà sentir.

Elles ont très gentiment accepter de montrer leurs "oeuvres de jeunesse" en espérant que cela encouragera d'autres personnes à s'inscrirent aux cours.

Bravo et merci mesdames et mesdemoiselles !


jouer avec les complémentaires
 
composition africaine
 
poivrons
 
plage africaine
 
verger et coquelicots
 
tulipes dans le désert
 
tulipes dans le désert
 
petite nature morte
 
Il ne s'agit là que de petites études et beaucoup de progrès ont été réalisés depuis.
Le nombre d'élèves ne cessent d'augmenter.

 


Le syndrome du chien jaune...

mais où il est question de canards aux cols verts


(je vais causer un peu, excusez-moi, mais plus bas il y aura de la peinture ).
J'ai très souvent évoqué, au long des pages de ce blog, l'importance que j'attache à la composition d'un tableau. Pourtant, je me rends compte que je n'ai encore rien dit sur le fameux syndrome du "chien jaune".

C'est un concept dont l'historiette, plus amusante que mesquine, nous rappelle combien il y est recommandé de bien anticiper son tableau.
Je m'en vais vous la narrer de ce pas...

Il était une fois un peintre (de talent) nommé François. Toujours à se battre avec ses pinceaux dans le désir jamais assouvi de peindre, de peindre et d'encore peindre.

Le sujet de son tableau devait représenter deux africains stylisés, campés sur une chouette de mise en page solidement structurée à l'aide de quelques lignes.

Tout y était  : composition, rapports de couleurs, touche et joie de peindre ; et nous, public, ébahi une fois de plus devant la facilité d'obtenir un beau tableau.

Mais voilà que je ne sais où, surgit à François l'idée de rajouter un chien entre les personnages.
Il était peint de jaune et n'avait surtout absolument rien à faire dans le tableau.
Ce pauvre malheureux détail, à lui seul, a suffit pour réduire à néant  tout le charme présent jusqu'alors.
Le tableau n'avait plus son équilibre. Envolé, parti, le beau tableau qui nous enchantait.

Devant nos remarques ( à nous public ) François a effacé le chien, un peu à regret je crois, mais nous étions soulagés.

La morale de cette histoire ( larirette, larirette ) c'est qu'il faut faire très attention de prévoir à l'avance ce qu'on veut faire figurer sur sa toile et pourquoi on veut le faire.
La composition ne nous le pardonnerai pas.
A moins d'un coup de bol inespéré, rajouter des trucs dans son tableau, c'est toujours très risqué!

Depuis, par ironie bien plus que par moquerie ou méchanceté, j'appelle "le syndrome du chien jaune" tous les bidules qu'on rajoute dans la peinture, en dernier recours et surtout sans raison valable.
Ça arrive souvent, croyez-moi et en voici la preuve :

A mon tour d'entamer un tableau, un format carré sur le thème de l'eau.
Ce qui me branche, c'est de peindre un reflet, alors je divise le carré en deux moitiés égales, en haut le ciel, en bas un étang.



 

Bien qu'un peu simpliste cette composition a nécessité quelques lignes notamment dans la partie des nuages et la symétrie du reflet. La position des deux arbres, elle aussi n'est pas due au hasard.
 
 
 

A ce stade, je considérai le tableau comme terminé. J'avais atteint mon objectif, faire refléter le ciel dans l'eau.

Mais voilà qu'en regardant le tout, j'ai voulu mettre de la vie dans cet ensemble et j'ai rajouter un canard nageant.

Étant le théoricien du syndrome du chien jaune, j'ai repris ma règle pour trouver l'endroit où devait patauger mon colvert, histoire de ne pas "foutre en l'air" la composition sereine de ce tableau carré.

Une fois peint, mon canard attirait trop le regard ! Ça y était, j'étais en plein syndrome et même si mon chien jaune était un colvert, y a quelque chose qui ne collait plus. Le tableau était désiquilibré.

J'ai donc rajouté un canard dans le ciel (format carré et idée de reflet obligeant) :

Résultat :


 


Vous noterez cependant le sérieux décalage des tons foncés vers la droite... Grrrr!!!  Maudit chiens jaunes qui n'étaient pas prévus au départ !

Alors, comme tout est bien qui fini bien comme dans toutes les histoires ( mêmes celles à dormir debout ), en reprenant ma règle pour chercher l'ultime ligne, j'ai rajouter un troisième chien jaune en peignant des canetons dans l'axe des arbres :


 
colvert
 


Ouf! Grâce à cet ultime détail, mon tableau a retrouvé son équilibre et le brin de vie qui lui manquait.
Le regard circule. Cependant, sans les lignes de constructions... et bien j'y serai encore... à contempler mes chiens jaunes !


 


Cours de peinture


Pour celles et ceux que cela intéresse
et qui habitent la région :

COURS de PEINTURE
 
à MOULINS-LA-MARCHE

le mercredi après-midi
et/ou
le vendredi soir



Renseignements et inscriptions auprès de
l'Association Sports Loisirs Culture
au 02.33.34.16.43.

  

 


cours


Les cours de peinture

Que j'anime à
Moulins- la marche
ont repris le
vendredi de 17h30 à 20h00

(d'autres jours et horaires sont envisageables)
 


Vous pouvez vous inscrire
même en cours d'année !

 
Tous à vos pinceaux !

Renseignements et inscriptions
au : 02.33.34.16.43.
ou : 06.81.77.59.33.

cours de peinture à Moulins-la-Marche


Les lignes de composition

un article où il y aura un peu plus à lire que d'habitude

(mais il y aura quand même des p'tits dessins)

Comment installer son sujet au mieux dans l’espace de sa toile?
A quelle hauteur placer ma ligne d’horizon?
A quel endroit peindre le regard de ce portrait pour qu’il gagne en intensité?

Vous vous êtes déjà posé toutes ces questions?
Il y en aurait encore des tonnes d’autres et la plupart concerneraient la composition du tableau.

Je vais m’efforcer avec le moins de blablas possible de vous expliquer ma méthode… simple et très efficace!

Tout le monde a remarqué qu’en photographie, le même sujet, mal cadré ne sera pas aussi en beauté et en valeur que si le photographe prend soin de faire sa mise en page, son cadrage.

En peinture c’est pareil et ce depuis déjà très longtemps.

Tour le monde a déjà entendu parler du nombre d’Or :  1,61803399

Les anciens Maîtres l’utilisait pour placer au mieux les éléments importants de leurs tableaux (le visage de la Vierge ou celui du petit Jésus, la direction d’un bras tendant un glaive vers l’ennemi ou ce bel arbre qui donne tant de profondeur à la peinture) en appliquant un cœfficient en fonction de la taille de leur œuvre.

Vassili Kandinsky a perfectionné cette façon de faire grâce aux lignes de construction. Il l’a théorisé dans plusieurs volumes (et là, j’avoue que j’ai trouvé ça un peu lourd à digérer tant il va loin dans le concept) alors j’ai simplifié la méthode et pour moi et mes élèves ces lignes sont devenues le point essentiel de notre manière de peindre.

Récemment une amie internaute m’a envoyé une photo d’un tableau en me demandant mon avis :


Nationale 7 de Ktizeb
 

 Je lui ai renvoyé la photo en la recadrant légèrement sur la droite :

 
la même recadrée
 

Laquelle des deux est la plus dynamique? Celle qui a le plus de mouvement?... Et cela sans retirer son intérêt au sujet, ni à la manière de peindre...

Si vous choisissez la première, inutile de lire cet article plus avant, mais si vous voyez que la seconde est bien plus agréable à regarder….Alors je continue!

Le principe est fort simple : se servir des proportions du tableau (sa longueur, sa largeur) et de tracer quelques lignes qui indiqueront où placer tous les éléments de la peinture.

Je vais le faire devant vous… en dessinant un petit paysage en direct-live!

Je trace les médianes et c’est la seule fois que j’aurai besoin de mesurer quoi que ce soit :

 
 

Je trace ensuite une diagonale reliant un coin à la médiane
Elle coupe l'autre médiane comme vous le voyez! :





 

Je peux en tracer ainsi une infinité d’autres et vous remarquerez qu’elles sont symétriques :


 


 


Ce qui me permet de découvrir d’autres lignes verticales ou horizontales comme celles en rouge dans l’image ci-dessous :

 


 


Puisque que ces lignes sont proportionnelles au format du tableau, VOUS POUVEZ ÊTRE ASSURÉS que ces repères seront l’endroit idéal pour placer les éléments importants de votre peinture.

Ci dessous, un exemple où j'ai choisi d'autres repères :


 


 


Inutile de s'affoler! il ne faut pas les tracer toutes bien sur! Juste celles dont on a besoin.
D’ailleurs je ne les trace jamais en entières, je pose juste ma règle et je ne marque que les intersections et les endroits qu’elles atteignent au bord de la toile :


 


 


Regardez ce que donnerait le même croquis dans une autre mise en page :

 



 

Alors? Pigé le rôle des lignes?

Ça a fait un peu chauffer mon scanner, mais je crois que ça en valait bien la peine.

Un conseil, ne marquez pas trop fort vos lignes. Tracez-les avec votre fusain puis estompez-les avec un chiffon.

Dernière petite chose sur le sujet (mais je vous en reparlerai une autre fois plus en détail) les lignes délimitent aussi des surfaces (comme pour la forêt sur mes petits croquis) et donnent des émotions différentes selon quelles vont de bas en haut ou de gauche à droite.

Pour terminer, reportez-vous à cet article de mon blog :
http://didier-leveille.zevillage.org/news/un-buste-feminin.

On y voit bien l’effet pour un portrait à l’huile.


 


Peindre au couteau

La couleur au bout du geste

Dans les mêmes conditions que dans l'article précédent, c'est à dire en compagnie de François dans son atelier de Tellières-Le-Plessis, nous avons étalé joyeusement de la couleur sur nos toiles.

Sur nos palettes, rien d'autre que les 3 couleurs primaires, du blanc et du noir.
Dans nos mains des spatules et des couteaux.

Voici ce que j'ai peint en 3 heures :




Avec cette technique, les mélanges se font essentiellement sur la toile vu l'épaisseur de la peinture.
Il faut donc prévoir suffissament de peinture si l'on compose ses couleurs de base.
La peinture au couteau étant le contraire de l'avarice, n'hésitez pas à mettre de l'épaisseur !

On pose la teinte et on vient la modifier en superposant les autres couleurs.
On utilise également les mélanges optiques en posant deux complémentaires côte à côte.

Mais le couteau se distingue de la brosse surtout dans la spontanéité de la touche.

Certes la brosse sait, elle aussi être spontanée, mais le couteau laissant une trace plus forte et une quantité de peinture plus grande, les "reprises" sont moins aisées.
Il faut donc que le geste soit le bon du premier coup et le choix de la teinte ait été anticipé.

De même, on se retrouve moins préoccupé par les détails, mais plutôt par les rythmes des couleurs.

Pour ma part, je n'utilise les couteaux que lorsque je souhaite peindre en me "défoulant".
C'est une technique rapide donnant des effets de matières très agréables à l'oeil.




Nouvelle séquence mais cette fois ci avec Sophie mon élève que j'adore.

Les photos présentées ci-dessous ne montrent que les tableaux encore inachevés. Notez surtout la différence des palettes utilisées :

peinture au couteau Sophie  peinture au couteau Didier

Ma méthode : Avec une spatule plate plus ou moins large (comme celles utilisées pour enduire un mur) je dépose mes couleurs sur les différentes parties du tableau. Ce n'est pas obligé d'être très précis car on va ensuite revenir dessus. Il faut juste enduire la toile de peinture.
Par contre le sens du geste (vertical ou horizontal) est sur le même principe qu'avec des brosses.

Après, avec des couteaux à peindre triangulaires classiques je dépose par dessus d'autres teintes pour réhausser certains détails et certaines couleurs.

Ensuite, je "sculpte" la peinture pour en l'étalant ou la grattant.
Il faut toujours rester attentif aux effets "accidentels" qu'engendrent souvent la technique du couteau : Les reliefs qui se créent, les fondus surprenants, les mélanges optiques, etc. car c'est une manière de peindre très spontanée et c'est très souvent le premier geste qui est le bon.

Pour ceux qui trouveraient mes marguerites un peu trop "réalistes", sachez qu'à la fin du cours, j'ai collé de vraies fleurs dans la peinture.

Si on peut plus rigoler...


cours de peinture




 


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* * * 

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