Oct. 06 13

Interprétation d'une peinture (suite)

Un lit pour la peinture :

Après m'être occupé de la composition du tableau, de la répartition des "éléments graphiques", aujourd'hui, vendredi 13, j'ai posé les couleurs.

Uniquement diluées à la térébenthine, car la couche du dessous doit obligatoirement être plus "maigre" que celle du dessus, j'ai coloré mon dessin.

J'appelle ça : Le lit de la peinture.

C'est au cours de cette étape qu'il faut équilibrer le tableau, mais plus dans sa composition, mais dans la répartition des clairs, des foncés et des couleurs proprement dites. La manière dont elles se complètent, les dominantes que l'on veut y faire jouer.

Notre regard est inexorablement attiré par le clair. C'est ce qu'il va voir en premier : Le plus lumineux.

Les lignes de construction pour la composition doivent en tenir compte car elles aussi, guide le regard. Mais sur un plan... Disons dynamique.

Avec l'ajout des couleurs, notre oeil doit continuer à garder cette dynamique.
Il faut donc bien se soucier, à ce stade, que les zones claires n'arrêtent pas notre regard et que les zones foncées n'en soient pas zappées.

Si on les place judicieusement sur les lignes de composition... C'est gagné !
Le regard circule sur l'ensemble de la toile.

Voilà ce que j'ai peins aujourd'hui :

Orange

Ce n'est que le "lit de la peinture".

Il n'est pas encore question de touches. Il faut juste vérifier que tout est en place.

Et si je vous disais que cette après-midi, à l'aide d'un chiffon, j'ai effacé tout un pan de peinture fraîche pour le refaire. Me croiriez-vous?

Maintenant! Toute la peinture reste à faire à présent, puisque que la construction est bonne.
Renforcer le geste du personnage, peaufiner la "fameuse" touche et peindre les couleurs avec de la matière plus huileuse, plus riche.

J'ai adopté récemment l'huile de standolie.
Après en avoir "testé" d'autres... C'est celle là qui me correspond le mieux.

Mais chaque artiste aura la sienne. Ce qui compte, c'est en trouver une qui nous aide à nous exprimer librement.

( Petit aparté )
Alors Nancy, qu'en penses-tu?

Vu que ce n'est pas Ma peinture, mais l'interprétation d'une oeuvre déjà existante, la prochaine étape sera... La réflexion.

Le lit pour la peinture est fait. Je vais me laisser un temps d'observation.

Le tableau est dans le petit salon rouge et un verre à la main, calmement, je vais le regarder comme spectateur. Y mettre des touches, peut-être, mais surtout me laisser bercer jusqu'à ce que trouve un écueil... Et là, je retoucherai.


J'attends les instructions de ma cliente pour continuer ce tableau.

Plus de nouvelles d'elle ???


 

 

Commentaires

1 - tout à fait intéressant!

C'est assez marrant. A croire que beaucoup de choses convergent vers le même souhait 'technique'. J'explique. Je travaille actuellement sur la reproduction d'architecture, ou plutôt sur sa traduction picturale... En cette façon dont tu expliques les différents aspects de créations de ton tableau, me fait sourire, je ne m'étais pas encore penchée sur cette technique. Bien que je l'utilise inconsciemment dans mes recherches. Bref.

Chapeau, j'ai hate de voir le résultat.

Toujours aussi curieuse, je te souhaite une bonne continuation.

Solène 

 

 


Solène | Le Samedi 14/10/2006 à 09:03 | [^] | Répondre

2 - Intéressant

Didier

Traduction picturale. J'aime bien ce terme et il correspond tout à fait à la démarche entreprise dans le tableau que je peins actuellement.

Il est vraiment question de traduction, bien que l'interprétation tienne le rôle le plus important dans cette commande.

En résumé, c'est Kandinsky (dont je n'aime que la période du début, d'ailleurs) qui a théorisé cette conception de la surface à peindre.
Il décompose le support en points (un peu comme les pixels du image numérique), en lignes reliant les points les uns aux autres en apportant des dynamiques suivant qu'elles montent ou descendent, en surfaces délimitées par les lignes.

J'utilise ce procédé à chaque tableau que je réalise, même pour les plus figuratifs où les lignes sont totalement invisibles... mais pourtant bien présente.

Merci Solène et bon courage à toi aussi.

 


Didier | Le Samedi 14/10/2006 à 12:05 | [^] | Répondre

3 - Re: Intéressant

ce travail de ligne m'interpelle et me fait réfléchir..
je vais creuser la question....
j'attends la suite! mais sans impatience!
à bientôt

 


cocole | Le Lundi 16/10/2006 à 09:57 | [^] | Répondre

5 - La suite...

Didier

Attention, car ce ne pas seulement les lignes qui contribuent à la bonne construction du tableau. Les points où elles se croisent et les surfaces qu'elles délimitent.
C'est sur ces endroits-clés qu'il faut "répartir" la composition.

Pour la suite du tableau, j'attends les appréciations de ma cliente dans la semaine.
Il y aura peut-être des modifications avant de passer à la peinture définitive.

 


Didier | Le Lundi 16/10/2006 à 22:24 | [^] | Répondre

4 - Re: Intéressant

C'est vrai, plus j'avance dans mes différentes études picturales et graphiques, plus je me rends compte que les "traits de constructions" sont présents et qu'ils donnent une dynamique au tableau. Je le constate en direct, ici, ainsi que sur les tableaux de la cathédrale, je me trompe ? Qui d'ailleurs, cela dit en passant, me plaisent beaucoup.

Bonne continuation,

A bientôt,

 


Solène | Le Lundi 16/10/2006 à 19:36 | [^] | Répondre

6 - Ben dame oui !

Didier

Un peu que c'est important!
Mais comme je l'ai déjà dit dans un autre commentaire,  il n'y a pas que les lignes pour équilibrer son tableau, il y a aussi les points et les surfaces.

Les cathédrales, mais également tous les tableaux, de Sophie D, François et de moi-même, montrés sur ce blog, sont tous basés sur ce mode de construction.
Même qu'un jour Sophie en a vérifié l'exactitude avec une calculette... A mon avis totalement inutile.

 


Didier | Le Lundi 16/10/2006 à 23:04 | [^] | Répondre

 

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