T'as un gros bidon ?
A la demande de Claude Bouthillette, qui s'intéresse aux bidons à lait peints, je publie ce petit article explicatif.
Le bidon à lait, appelé châne, ici en Basse-Normandie ( j'habite dans l'Orne ) est un objet hautement symbolique et empreint d'une nostalgie pour la vie rurale passée.
On se souvient tous, ou presque, de ce moment fabuleux où nous allions chercher le lait dans la fermette d'à côté.
ça sentait pas bon ( l'étable ), la fermière avait du poil au menton, mais nous, gamin(e)s on ne l'oubliera jamais.
Sans m'étendre, on peut dire que cet objet est rempli d'affectif.
J'ai donc souvent été sollicité pour en peindre, afin que l'objet prenne place dans le décor " personnel " d'une maison.
Il y a quelques années, j'ai acheté un stock de chânes pour faire face à cette demande.
Moi, je trouve que c'est un peu trop kitch, mais commercialement, ça pouvait être une bonne affaire.
Ce que je n'avais pas prévu, c'est que les "gens" voulaient décorer leur propre châne, celle qu'ils avaient eux-même manipulée.
Mon stock est donc toujours intact !
La demande principale est LA MAISON :
Il y en a des belles, mais aussi des moches (visitez le blog).
Mais j'ai peins bien d'autres sujets :
Toujours aussi kitch ! Mais dame, il faut bien manger ! Et pour moi ça reste toujours de la peinture.
Alors, pour Claude, voilà de ce qu'il en est de la (ma) technique.
Premièrement il faut décaper le bidon. Il est gras, crasseux, rouillé ou oxydé, on y trouve même du lait caillé ( depuis longtemps d'ailleurs ).
Alors je commence par le laver au jet et à le brosser avec une brosse métallique.
Ensuite je le dégraisse avec de l'acétone. Il existe des produits spéciaux dans le commerce, mais au passage, vous ferez des économies.
Une fois tout bien sec et présentable, je passe un fond uni avec de la peinture glycéro ( mais on peut faire autre chose, des dégradés ou des effets de matières ) qui mettra ma peinture en valeur. La couleur est le plus souvent choisie par le client ( D'où les roses, les verts, et les jaunes souvent présents dans mon travail ).
Il m'arrive parfois de laisser brut certain élément du bidon (collerette, anses, couvercle) et quand un couvercle est encore attaché par une chaîne, je suggère au client de la retirer afin qu'elle n'endommage pas la peinture par son frottement.
Ensuite, souvent d'après les photos que j'ai prises sur le terrain, j'exécute une véritable peinture à l'huile (médium à l'huile de lin ou à la standolie) et je fais ça :
Sympa quand même !
Mes bidons ne sont peint que sur une seule face. Je les réalise comme un tableau, ni plus, ni moins. Je peins.
Les gens ont, à coup sûr, une peinture originale qui aura la valeur affective qu'il recherche.
Tout n'a pas été photographié et publié ici. J'ai fait des chevaux, des bouquets de fleurs, des maisons beaucoup, et d'autres sujets parfois inattendus :
Ce qui est très important, c'est la forme de l'objet qui oblige à bien cogiter la mise page.
Pour peindre une maison normande, si on ne veut pas qu'elle ressemble à une pagode, il faudra "tricher" en exagérant et en bombant la perspective, exemple :
Voilà, ceci dit, les bidons de lait c'est pas ma tasse de thé. Cet objet a trop de connotation rurale pour servir mon talent.
Je vais essayé toutefois de rester modeste.
Vous savez ce qui m'éclaterait ? Sur un bidon, peindre un nombril.
Rien qu'un nombril.









![En Haut [^]](/public_images/skins/itheme/fleche-haut-13.png)
















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je voudrais savoir combien vous vendez vos bidon?